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Plaidoyer d'un "gardien de chapelle"...

A l'approche du quinze août de l'an deux mille mes enfants déposeront sur le sol, si Dieu le permet et si la Chapelle du Marché telle que la nomment les habitants de Jodoigne est encore accessible, un treizième tapis de sciure de bois teintée.

Les douze tapis déjà exposés, je les voulais témoignages :

- témoignage de vénération envers cette Femme qui est la mère de cet Homme qu'a été Jésus-Christ et à qui, à travers le monde entier, jusqu'à des cathédrales d'un art sublime, ont été dédiées;

- témoignage de fidélité à ceux qui ont voulu cet édifice à travers l'histoire d'une province aux frontières redessinées et aujourd'hui "JEUNE", mais qui compte deux millénaires en terre de BRABANT;

- témoignage enthousiaste d'admiration devant le génie des ces hommes qui ont érigé cette bâtisse qui se dresse sur la Grand'Place de Jodoigne, utilisant cette merveilleuse pierre de Gobertange extraite du sol même sur lequel ils s'étaient établis;

- témoignage aussi de gratitude envers ceux qui, aujourd'hui, manifestent et concré-tisent par des dons, leur espoir de voir la Chapelle Notre-Dame du Marché survivre aux dégradations qu'elle a subies et qui la menacent encore.

 

Ma découverte de la Chapelle de Notre-Dame du Marché date de l'été 1986 alors qu'une équipe d'ouvriers démontait le fameux "carcan". Cet échafaudage en déparait la tour depuis plusieurs années déjà, alors que la Chapelle connaissait un état d'abandon.

Je découvrais en même temps toute la problématique d'une situation presqu'insoluble quant à l'aménagement que l'on aurait dû y apporter pour la mettre à l'abri d'une ruine prévisible à plus ou moins longue échéance.

C'était poser la question de la viabilité d'un édifice devenu en quelque sorte "inutile" aussi bien "qu'inutilisable" tant sur le plan cultuel que sur le plan culturel.

Le plus urgent, cependant, me semblait être la nécessité d'y procéder à un bon nettoyage et de trouver les prétextes valables pour la garder "ouverte".

Car la Chapelle était fermée depuis de nombreuses années et le serait probablement restée longtemps encore, sans l'initiative d'y faire "quelque chose" qui y ramènerait le public.

***

Il importe fort peu de savoir qui j'étais, quel rôle je m'étais attribué et quelles avaient été mes motivations !

Mon seul objectif a été de m'engager :

à faire tout ce que je pourrais et tant que je le pourrais pour sauvegarder cette chapelle

dédiée à Celle que maman m'avait appris à nommer "Onze Lieve Vrouw".

Il est heureux que j'aie trouvé tout de suite un allié de taille en la personne de Monsieur Lucien Warnier.

Mes toutes premières initiatives eurent également, assez vite, une répercussion dans une famille bien jodoignoise : la famille Sebille, dont Nan se présenta spontanément avec une équipe pour entreprendre le nettoyage de la Chapelle.

René-Luc Regnard et son épouse Christiane surent eux aussi réunir autour d'eux les compétences de bénévoles pour rendre "présentables", et avec énormément d'efficacité, les premiers spectacles qui furent organisés dans la Chapelle.

Le rôle joué par la Confrérie Del Blanke Doreye sur proposition de son Grand Bailly, Jean Levieux, est une preuve tangible d'une intégration possible de la Chapelle dans des activités culturelles même d'ordre aussi folklorique que la gastronomie.

Les très nombreuses demandes d'occupation de la Chapelle pour et par des organismes, même extérieurs à Jodoigne, mais qui n'ont pas toujours pu être satisfaites pour des raisons de sécurité (le temps a démontré leur exagération), prouvent également l'intérêt appréciable qu'elle présente comme "lieu d'accueil".

Les quelques milliers de "visiteurs" que j'ai pu rencontrer au cours de ces treize années qui terminent ce siècle, ainsi que les commentaires recueillis dans les cahiers mis à leur disposition, ont exprimé, dans leur majorité, un double témoignage :

- leur surprise de "découvrir" la Chapelle, son envergure, son style, sa simplicité, son calme; - leur étonnement de voir dans quel état "on" la laissait.

Et si les diverses appréciations notées dans ces cahiers prouvent à suffisance que la Chapelle n'a pas laissé ses visiteurs indifférents, on y découvre aussi des mots bouleversants de simplicité qui expriment la souffrance humaine et la confiance de ceux-là qui ont trouvé "une porte ouverte pour venir y crier leur détresse".

Je déplore n'avoir pas su faire mieux que ce que j'ai tenté, mais je ne regrette aucunement la décision que j'avais prise car une volonté autre que la mienne s'est manifestée :

la fondation de l'Association des Amis de la Chapelle.

Le rôle joué dans cette fondation par Monsieur Bernard Van den Driessche, alors Président de la Fabrique d'église de Saint-Médard, a été déterminant pour un ensemble d'initiatives très concrètes, que j'étais loin de pouvoir entreprendre ni de mener à bien.

Se mêleront alors un ensemble d'activités qui viseront aussi bien à justifier la "PRESENCE" de la Chapelle sur le plan culturel et religieux que celles qui auront comme objectif très précis "L'INTENTION" de la restauration et la mise en œuvre des moyens pour y parvenir.

L'historique présenté sur ce site témoigne de ce qui a été réalisé concrètement.

***

Aujourd'hui...

La Chapelle est régulièrement accessible au public et certainement tous les jeudis jours de marché.

En celà au moins, depuis le premier tapis de 1988 l'objectif de garder la Chapelle "VIVANTE" a été atteint.

Aujourd'hui...

La situation est très claire. Car les questions que l'on se pose sont précises :

Y-a-t-il réellement des risques qui justifieraient de la fermer ? OUI !

Y-a-t-il des raisons suffisantes pour éliminer ces risques et la garder ouverte ? OUI !

Mais ...

Toute la problématique de la restauration peut se résumer elle aussi à deux questions :

Qui en prendra l'initiative ?

Dans quel but ? Car il ne s'agit pas que de finances !

***

Investir quelques millions dans une restauration quelle qu'elle soit ne s'envisage pas si l'on ne peut préciser au préalable les objectifs à atteindre et savoir qui en prendrait la responsabilité. En d'autres termes : qui sera le décideur ? Que peut-il décider ?

L'ASSOCIATION DES AMIS DE LA CHAPELLE PEUT Y CONTRIBUER SI VOUS DECIDEZ DE SOUTENIR SON ACTION !