Puis, l'ONDIN remonte l'Escaut vers Anvers et atteint la Mer du Nord. André Ghilain traverse ensuite la Manche pour atteindre les côtes anglaises. Il retraverse ensuite le "Channel" pour naviguer le long des côtes françaises et atteindre Cherbourg où l'Ondin II fait relâche. Cette première étape, André Ghilain la partage avec Philippe Hertogs. Tous deux, ils partagent la vie dure et âpre des pêcheurs bretons professionnels travaillant sans relâche la nuit et vendant au petit matin la prise à la criée. Parmi les pêcheurs, les deux marins belges allaient parfaire leurs connaissances des différentes techniques de pêche à la traîne. Ensuite André Ghilain et Jean-Pierre Deruyck entreprirent une opération-survie: naviguer durant deux semaines le long des côtes françaises et belges sans y aborder avec pour toute provision: trois pains, douze œufs, deux oranges, deux pommes, six bouteilles de bière, deux d'eau minérale, et pour la survie plusieurs paquets de biscuits et pain grillé, quelques boîtes de conserves. Le plus dur de l'expédition ne se situa pas dans le manque de nourriture, car la pêche permit aux marins de varier leur ordinaire assez simple, il faut l'admettre; mais plutôt dans les caprices du vent et de la mer et dans les dangers suscités par la rencontre avec les gros cargos ignorant totalement la présence du frêle esquif. Après deux semaines de navigation, l'Ondin II touche enfin terre avec un garde-manger complètement vide et deux marins ayant perdu plusieurs kilos.